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Parcours anthropologiques n°8 (2012)

 

Anthropologie des pratiques musicales.

Relevés ethnographiques et travaux en cours (2012)

SOMMAIRE

Présentation

pp.1-3

Préambule

pp.4-10

ETUDES


Réflexions autour d'une censure « banale » : lancement du film Golden Scars à Santiago de Cuba

Alexandrine BOUDREAULT-FOURNIER

pp.12-25

Rapper en « terrain miné ». Pratiques musicales et dynamismes des imaginaires sorciers au Gabon

Alice ATERIANUS-OWANGA

pp.26-49

Les pratiques musicales chez les African Hebrew Israelites à l'épreuve de la mutation culturelle

Florian MAZZOCUT

pp.50-78

Freaks on this side. Notes pour une analyse anthropologique des communautés de fans de Prince en France

Pauline GUEDJ

pp.79-96

Girls' Game-Songs and Hip-Hop : Music Between the Sexes

Kyra D. GAUNT

pp.97-128

Entre la rue et la band room : apprentissage de la musique et négociations identitaires chez les marching bands de La Nouvelle-Orléans

Florence PELOSATO

pp.129-147

La créolisation à l'?uvre dans une pratique musicale brésilienne :

rythmicité, diversité, relation

Laure GARRABÉ

pp.148-178

Musique sertaneja, sonorités du quotidien et expériences corporelles au féminin (Goiás, Brésil)

Marina ROUGEON

pp.179-203

Le(s) lieu(x) du hip-hop au Brésil

Sofiane AILANE

pp.204-219

Ramasseurs de sons, des périphéries au transnational. Mouvances de Mangue Beat dans la Grande Vitória et ailleurs

Jorge P. SANTIAGO

pp.220-242

COMPTES-RENDUS DE PUBLICATIONS

Laurence Roulleau-Berger, Désoccidentaliser la sociologie. L'Europe au miroir de la Chine, La Tour d'Aigues, L'Aube, 2011, 202 p.

François LAPLANTINE

pp.244-245

Claude Lévi-Strauss, L'autre face de la lune. Écrits sur le Japon, Paris, Seuil, 2011, 190 p.

François LAPLANTINE

pp.246-251

  • 10. La créolisation à l'oeuvre dans une pratique musicale brésilienne : rythmicité, diversité, relation

    Laure Garrabé

    Universidade Federal de Santa-Maria PPGCS/GEPACS - Maison des Sciences de

    l'Homme Paris Nord

    RÉSUMÉ : Le maracatu-de-baque-solto est une forme à la fois musicale, chorégraphique

    et dramaturgique de la Zona da Mata Norte de Pernambuco (Brésil), qu'on peut voir

    au climax de sa spectacularisation pendant le carnaval de Recife, capitale de l'État.

    Née sur les plantations de canne à sucre au début du XXème siècle, elle présente deux

    éléments qui lui sont exclusifs, son patron rythmique, le baque-solto, et son

    personnage métonymique, le caboclo-de-lança, caractérisés par une diversité

    aujourd'hui très valorisée, mais stigmatisée dans les premiers corpus folklorique et

    (ethno)musicologique s'y étant intéressés. À partir de ces spécificités et des nombreux

    éléments caractérisant l'expression de ses dynamiques, ce texte propose d'observer la

    praxis musicale dans le baque-solto comme possible matérialisation de la notion de

    créolisation telle que la propose le poète et essayiste martiniquais Édouard Glissant,

    et que décrit un autre poète et essayiste cubain, Antonio Benítez-Rojo, en s'appuyant

    sur un appareil notionnel similaire mais non identique. Après un bref exposé de

    l'incidence de sa construction folklorique dès son insertion au carnaval dans les

    années 1930, sur les plans discursifs et formels, la deuxième partie présente une

    analyse ethnographique de la pratique dans ses deux modalités, le carnaval, et les

    sambadas caractérisées par les joutes d'improvisation poétique chantées. La troisième

    tente de montrer comment ces dynamiques à l'oeuvre instituent sa singularité, c'est-àdire

    ses modalités du divers et du rythme, toutes deux appréhendées au prisme de

    ses logiques musicales et sociales.

    MOTS-CLÉS : maracatu-de-baque-solto, créolisation, esthétique, rythme, relation

  • 11. Musique sertaneja, sonorités du quotidien et expériences corporelles au féminin (Goiás, Brésil)

    Marina Rougeon

    Université Lumière Lyon 2, CREA

    RÉSUMÉ : À partir de descriptions issues de mon expérience de terrain, j'aimerais proposer ici une réflexion sur les rapports entre les ambiances sonores qui imprègnent le quotidien de certains quartiers des petites villes du Centre-Ouest brésilien, et les modalités corporelles de déplacement des femmes dans ces espaces. La dimension musicale de ces ambiances, à l'articulation des espaces extérieurs et intérieurs, retiendra particulièrement mon attention ici. En privilégiant des genres musicaux trop peu étudiés par les anthropologues, la musique sertaneja mais aussi la musique brega, le but sera de comprendre le rapport entre leur écoute et les réponses corporelles apportées par les femmes sur le mode de véritables chorégraphies de la séduction. Ce qui me conduira à interroger dans quelle mesure ces expériences sensibles, qui s'inscrivent dans le cadre d'histoires de vie singulières, participent à la construction d'un univers féminin, et ceci en prenant en compte notamment l'importance de différentes formes de sociabilité et de transmission intergénérationnelle. Enfin, plus largement, je chercherai à montrer comment ces expériences contribuent à l'élaboration d'une image modernisée du Brésil rural, m'intéressant par là à la manière dont se construit le rapport entre le rural et l'urbain, le local et le global.

    MOTS-CLÉS : Musique sertaneja, ambiance sonore, écoute musicale, expériences et mises en scène corporelles, univers féminin, transmission intergénérationnelle

  • 12. Le(s) lieu(x) du hip-hop au Brésil

    Sofiane Ailane

    Université Lumière Lyon 2, CREA

    RÉSUMÉ : Depuis le début des années 2000, le hip-hop au Brésil apparaît comme une culture musicale spécifique aux quartiers dits « sensibles » ou encore « vulnérables » de la périphérie des grands centres urbains. Une analyse de cette pratique musicale dans une approche comparative (avec par exemple, la France ou les Etats-Unis) nous conduit inévitablement à penser le hip-hop comme une esthétique essentiellement marginale ou subversive et spécifique à une certaine population. Toutefois cette approche mériterait d'être enrichie d'une perspective historique afin de comprendre le hip-hop brésilien, non pas comme la transposition in terra brasilis d'un modèle, mais plutôt comme une construction aux multiples références sociales et identitaires. C'est l'enjeu de cet article qui s'intéresse aux processus qui tendent à fixer le hip-hop au c?ur des quartiers « périphériques » des villes brésiliennes. Le périphérique, en tant que lieu du hip-hop, revêt plus d'une construction historique et sociale que d'une transposition à l'identique d'une culture des ghettos nord-américains.

    MOTS-CLÉS : Musique, hip-hop, lieu, périphérie, Brésil

  • 13. Ramasseurs de sons, des périphéries au transnational. Mouvances de Mangue Beat dans la Grande Vitória et ailleurs

    Jorge P. Santiago

    Université Lumière Lyon 2, CREA

    RÉSUMÉ : A partir de dynamiques et d'esthétiques musicales développées par deux groupes musicaux dans la périphérie de l'aire métropolitaine appelée Grande Vitória, dans le Sud-Est brésilien, il s'agit d'analyser les spécificités des rapports entre pratiques musicales, sonorités quotidiennes locales et investissements identitaires. Dans le sillage du mouvement Mangue Beat et de l'esthétique musicale et chorégraphique du groupe Nação Zumbi, l'idée de ces groupes est de créer un circuit local et de l'inscrire dans le global et le transnational en se faisant ethnographes d'un quotidien particulier. Cette expérience a révélé une singularité en termes de vécu musical pour ces instrumentistes d'espaces périphériques. Dans le même temps, elle a fait surgir des éléments de réflexion non prévus dans le protocole ethnographique initial, car réalisée auprès de groupes musicaux qui se disent voués à l'expérimentation, et a révélé de nouvelles données concernant les dynamiques de formation, de dissolution voire de renouvellement de groupes dont l'appréhension anthropologique amène à se demander quelle ethnographie pratiquer face à ce qui se veut éphémère.

    MOTS-CLÉS : Pratiques musicales, esthétiques, Grande Vitória, périphérie, Mangue Beat, Nação Zumbi, local, transnational, Brésil.

  • 2. Présentation

    Jorge P. Santiago

  • 3. Préambule

    Pauline Guedj

    Université Lumière Lyon 2, CREA, Les Afriques dans le Monde (LAM)

    Jorge P. Santiago

    Université Lumière Lyon 2, CREA

  • 4. Réflexions autour d'une censure "banale": lancement du film Golden Stars à Santiago de Cuba

    Alexandrine Boudreault-Fournier

    Université de Victoria, Colombie Britannique

    RÉSUMÉ : Le film ethnographique Golden Scars (2010) réalisé par l'auteur de cet article a été officiellement lancé à Santiago de Cuba en août 2011. Dans ce documentaire, deux jeunes rappeurs cubains partagent leurs peurs et leurs rêves sans toutefois aborder directement le thème de la Révolution. Cependant, leur narration n'est pas vide de sens politique. Des pointes d'ironie démontrent que ces jeunes n'ont pas leur langue dans leur poche. Cet article examine une scène de Golden Scars identifiée par des autorités culturelles comme étant problématique du point de vue idéologique. Surprise : ces mêmes autorités ont décidé de censurer la « scène de Fidel » peu avant le début du lancement. Cet article propose une discussion de la réception des textes audio-visuels produits par des anthropologues de retour sur le terrain d'accueil en prenant l'événement du lancement de Golden Scars et de sa censure comme point d'analyse. Une réflexion sur les dynamiques narratives apparues lors du lancement nous permet d'affirmer une fois de plus que la jeunesse cubaine adopte un discours ambivalent face à la Révolution, sans toutefois se positionner à l'encontre, ni en dehors du projet révolutionnaire.

    MOTS-CLÉS : Réception, film ethnographique, documentaire, censure, rap, Cuba.

  • 5. Rapper en « terrain miné ». Pratiques musicales et dynamismes des imaginaires sorciers au Gabon

    Alice Aterianus-Owanga

    Université Lumière Lyon 2, CREA

    RÉSUMÉ : A partir d'une ethnographie des rappeurs de Libreville, cet article analyse certaines répercussions de l'investissement du genre rap par les jeunes Gabonais, en interrogeant plus particulièrement les dynamiques sociales nées de sa rencontre avec les pratiques et représentations locales liées à la sorcellerie et au domaine qualifié populairement de « mystique ». Une description sommaire des thématiques de textes de rap et des relations ayant cours dans ce milieu musical présente d'abord les modalités de la pratique musicale dans ce terrain dit « miné » par la sorcellerie. Puis, l'analyse de l'?uvre et du récit de vie de Roda N'No, rappeur de l'ethnie fang, met en évidence les dynamismes insufflés par la rhétorique rap aux imaginaires sorciers et à leurs logiques sociales, cela en résonance avec les influences de l'expérience religieuse initiatique. Cet article s'intéresse finalement à la manière dont le rap est employé comme instrument de liaison ou de redéfinition des frontières entre différentes catégories de la vie sociale et symbolique : entre la province et la capitale, entre les aînés et les cadets sociaux, entre l'univers du jour (ou des humains) et celui de la nuit (ou des sorciers).

    MOTS-CLÉS : Rap, Gabon, sorcellerie, initiation, frontière sociale.

  • 6. Les pratiques musicales chez les African Hebrew Israelites à l'épreuve de la mutation culturelle

    Florian Mazzocut

    Université Lumière Lyon 2, CREA

    RÉSUMÉ : Dans le cadre de l'étude d'un mouvement religieux communautaire, que peut nous apporter l'approche transgénérationnelle du fait musical ? Dans cet article, nous présenterons la communauté transnationale des African Hebrew Israelites dans son centre spirituel de Dimona dans le désert du Néguev, au travers de la façon dont elle envisage la pratique musicale dans une perspective idéologique et transgénérationnelle. Nous verrons comment depuis sa fondation, la musique y est un enjeu identitaire crucial dont les modalités de pratiques sont encadrées par des règles très strictes, conditionnées par un contexte social particulier en Israël, et comment aujourd'hui, ce cadre idéologique et social est renégocié par ses jeunes générations dans le cadre de l'émergence de nouvelles pratiques musicales.

    MOTS-CLÉS : African Hebrew Israelites, nationalisme noir, Israël, Etats-Unis, musique, relations transgénérationelles

  • 7. Freaks on this side. Notes pour une analyse anthropologique des communautés de fans de Prince en France

    Pauline Guedj

    Université Lumière Lyon 2, CREA, LAM

    RÉSUMÉ : Cet article présente des données recueillies lors d'une enquête de terrain menée à Paris auprès de groupes de fans de Prince. A partir de la retranscription d'une série d'événements advenus lors d'une tournée européenne de l'artiste en 2009, l'auteur analyse les processus de construction à l'échelle nationale et transnationale de ce que les fans appellent leur « communauté ». L'article s'intéresse aux processus d'entrée dans la « communauté », aux parcours des fans ainsi qu'aux relations complexes et parfois conflictuelles qui les lient. Une attention particulière est portée à la dimension hiérarchique de ces relations et au rôle de la rumeur dans la structuration de la « communauté ». A terme, le texte invite à s'interroger sur la possibilité d'une analyse anthropologique de ces groupes et sur la place que la discipline peut tenir dans une étude de la fandomie.

    MOTS-CLÉS : Fans, Prince, communauté, parcours, rumeur, hiérarchie

  • 8. Girls' Game-Songs and Hip-Hop : Music Between the Sexes

    Kyra D. Gaunt

    Baruch College, City University of New York

    RÉSUMÉ : Cet article explore les connexions existant entre les jeux musicaux des petites filles et les chansons populaires enregistrées par des artistes masculins aux Etats-Unis durant les dernières décennies. En se basant sur l'analyse de chansons des petites filles et sur des interviews collectées auprès de femmes afro-américaines durant des enquêtes de terrain menées entre 1994 et 2002, il décrit comment les petites filles noires expérimentent, au travers des danses et des chansons contenues dans leurs jeux, une forme de socialisation musicale et d'apprentissage d'une identité noire de genre.

    Kyra D. Gaunt met en lumière l'intertextualité orale et kinétique existant de façon cachée entre les jeux des petites filles et les musiques populaires afro-américaines, pour interroger la place du genre dans la construction sociale du goût musical. Ces regards portés aux sources de la construction sociale du goût et de la division de genre dans les chansons populaires afro-américaines - qu'il s'agisse du Rythm'n' blues ou du hip-hop -, démontrent comment les jeux des petites filles, par les claquements de main, les exclamations, les jargons auxquels ils donnent lieu, contribuent à la formation locale d'une culture « populaire ». En constant dialogue avec les performances d'artistes masculins médiatisés par l'industrie musicale, ils engendrent et renforcent dans les communautés afro-américaines certaines relations sociales et musicales se tissant entre les sexes, et entre les enfants et les adultes.

    MOTS-CLÉS : Identité noire, jeux de chansons, intertextualité, genre, identité raciale, gout musical noir, espace public, petites filles américaines

  • 9. Entre la rue et la band room : apprentissage de la musique et négociations identitaires chez les marching bands de La Nouvelle-Orléans

    Florence Pelosato

    EHESS, Laboratoire d'Anthropologie et d'Histoire de l'Institution de la Culture (LAHIC)

    RÉSUMÉ : Cet article se base sur une enquête de terrain menée en 2009 et 2010 à La Nouvelle-Orléans, auprès du marching band (fanfare) et programme d'éducation musicale Roots of Music. A travers les répétitions quotidiennes de la fanfare, sa participation aux défilés du carnaval néo-orléanais et sa récente médiatisation à la télévision américaine, nous examinons les scènes d'apprentissage musical en tant qu'espaces de négociations identitaires des jeunes Noirs américains. L'apprentissage de la musique apparaît dans ce contexte comme révélateur d'un dédoublement identitaire : vecteur d'ascension sociale pour les élèves et les professeurs, il leur permet paradoxalement d'affirmer leur appartenance à un univers de la rue, en opposition aux normes de respectabilité sociale des classes moyennes.

    MOTS-CLÉS : La Nouvelle-Orléans, marching bands, Katrina, éducation musicale, carnaval, Noirs américains.

mise à jour le 4 décembre 2014


Université Lumière Lyon 2